Journée mondiale du cœur : bouger pour ta santé cardiovasculaire

Journée mondiale du cœur : bouger pour ta santé cardiovasculaire

Protège ta santé cardiovasculaire par le sport. Pour la journée mondiale du cœur, découvre comment bouger en toute sécurité. Lance-toi !

La Journée mondiale du cœur, célébrée chaque année le 29 septembre, nous rappelle que la santé cardiovasculaire nous concerne tous.

L'activité physique est l'un des moyens les plus efficaces de prévenir les maladies cardiaques et d'améliorer le bien-être à tout âge — mais la prévention se doit également d'être équitable. Les gens ont besoin d'espaces sûrs pour marcher, faire du vélo et de l'exercice, de temps pour être actifs et d'un accès aux soins préventifs lorsqu'ils en ont besoin.

Le professeur Pablo Perel, conseiller scientifique principal à la Fédération mondiale du cœur, déclare :

L'activité physique est l'un des outils les plus puissants dont nous disposons pour protéger la santé cardiovasculaire. Mais elle ne devrait pas dépendre du lieu de résidence, des revenus, de l'âge ou de l'origine de chacun. À l'occasion de la Journée mondiale du cœur, nous voulons encourager tout le monde à bouger davantage, tout en travaillant avec les communautés, les employeurs et les gouvernements pour rendre les choix sains plus faciles et plus accessibles.

Pour offrir des conseils pratiques et fondés sur des preuves, nous avons consulté deux experts en activité physique de la Fédération mondiale du cœur :

  • Carl J. Lavie, MD, professeur de médecine au John Ochsner Heart and Vascular Institute de la Nouvelle-Orléans, où il est directeur médical de la réadaptation et de la prévention cardiaques et directeur des laboratoires d'exercice.
  • John Buckley, professeur en sciences de l'exercice et en réadaptation à l'Université de Keele (Royaume-Uni) et président fondateur du Conseil international pour la prévention et la réadaptation cardiovasculaires.

Pourquoi l'exercice est-il considéré comme l'un des meilleurs remèdes pour la santé cardiovasculaire ?

Carl Lavie : « L'activité physique et l'exercice ont des effets bénéfiques sur l'ensemble du système cardiovasculaire. Ils améliorent la sensibilité à l'insuline et la santé métabolique, aident à faire baisser la tension artérielle, améliorent les lipides sanguins, réduisent l'inflammation et soutiennent le fonctionnement des vaisseaux sanguins et du système nerveux autonome. Tout aussi important, ils réduisent le stress et améliorent à la fois la capacité cardiorespiratoire et la condition musculaire. »

John Buckley : « Les avantages ne sont pas seulement physiques. Être actif peut soutenir le bien-être mental et social, et la santé mentale elle-même est importante pour la santé cardiovasculaire. »

Que faut-il comprendre aujourd'hui de la sédentarité et de la santé cardiovasculaire ?

Carl Lavie : « L'inactivité physique, la position assise prolongée, l'obésité, le diabète et les maladies cardiovasculaires restent des préoccupations de santé majeures à travers le monde. Il y a une marge considérable pour améliorer la santé par davantage de mouvements quotidiens et d'exercices réguliers. »

John Buckley : « Le comportement sédentaire n'est pas simplement l'absence d'exercice : c'est la quantité de temps que nous passons assis. Même les personnes qui respectent les recommandations en matière d'activité physique devraient essayer de rompre les longues périodes en position assise, en particulier si elles sont assises pendant une grande partie de leur journée de travail. »

Quelles sont les règles d'or pour quelqu'un qui commence ou reprend le sport ?

Carl Lavie : « Commencez lentement et progressez graduellement. Pour la plupart des gens, une activité d'intensité légère à modérée est un point de départ sûr. Mais si vous avez une maladie cardiaque connue, des facteurs de risque cardiovasculaires importants, des symptômes, ou si vous avez été inactif pendant une longue période et que vous souhaitez commencer des exercices vigoureux, il est judicieux de demander d'abord un avis médical. »

John Buckley : « Choisissez une activité qui s'intègre facilement à votre vie quotidienne et pratiquez-la régulièrement — même dix minutes à la fois constituent un bon début. L'objectif est de créer une habitude qui dure. Concentrez-vous d'abord sur ce que l'activité vous fait ressentir : plus d'énergie, moins de stress et plus de confiance en vous. Vous n'avez pas besoin d'aimer le sport de compétition ; vous devez trouver l'activité qui vous convient. »

Quels signes avant-coureurs doivent inciter les sportifs réguliers à s'arrêter immédiatement ?

Carl Lavie : « Des douleurs thoraciques, des étourdissements ou une sensation d'évanouissement, un essoufflement inhabituel ou des palpitations doivent toujours être pris au sérieux. Arrêtez de faire de l'exercice et consultez un médecin, en particulier si les symptômes sont nouveaux, intenses ou persistants. »

Qui devrait envisager un bilan cardiovasculaire avant une épreuve d'endurance exigeante ?

Carl Lavie : « Les personnes de plus de 40 ou 50 ans qui présentent des symptômes, une maladie coronarienne connue ou une autre affection cardiovasculaire importante, plusieurs facteurs de risque ou un score calcique coronaire élevé devraient discuter de leurs projets avec un médecin avant de se préparer à une épreuve d'endurance exigeante. La nécessité d'effectuer des tests doit être individualisée. »

Comment l'altitude et les ascensions prolongées affectent-elles le cœur ?

Carl Lavie : « Lors de montées raides ou à haute altitude, la fréquence cardiaque augmente plus rapidement car le corps travaille plus dur et, en altitude, il y a moins d'oxygène disponible. Augmentez progressivement votre exposition et laissez-vous le temps de vous acclimater si vous montez à une altitude nettement supérieure à la normale. »

John Buckley : « L'altitude peut également augmenter la perte hydrique et la déshydratation. Si vous avez plus de 40 ans ou des facteurs de risque cardiovasculaires, assurez-vous qu'ils soient évalués avant d'entreprendre une activité exigeante en altitude. »

Comment adapter l'exercice à la chaleur et au froid ?

Carl Lavie : « L'hydratation est importante en toute saison, mais elle le devient particulièrement avant et pendant l'exercice par temps chaud ou humide. Par temps froid, l'hydratation peut encore être négligée, alors qu'un bon échauffement et le maintien de la chaleur musculaire sont particulièrement importants. »

John Buckley : « Une bonne condition aérobie aide le corps à faire face aux conditions froides. Chez les personnes en moins bonne condition physique, le temps froid peut mettre davantage à l'épreuve la circulation sanguine, particulièrement lors d'une activité vigoureuse. »

Pourquoi faut-il éviter les exercices à haute intensité en cas de fièvre ou peu de temps après une infection virale ?

Carl Lavie : « N'entreprenez pas d'exercices à haute intensité si vous avez de la fièvre ou des symptômes systémiques importants. Dans de rares cas, les infections virales peuvent toucher le muscle cardiaque et entraîner une myocardite ou des troubles du rythme. Reprenez l'exercice progressivement une fois guéri ; consultez un médecin si vous développez des douleurs thoraciques, des palpitations, un essoufflement disproportionné ou une fatigue persistante. »

Quel rôle jouent le sommeil et la récupération ?

Carl Lavie : « Le sommeil est aujourd'hui reconnu comme un élément important de la santé cardiovasculaire, et il est essentiel pour la récupération musculaire et l'adaptation à l'entraînement. »

John Buckley : « Un mauvais sommeil peut aussi être le signe d'un stress psychologique ou d'une charge d'entraînement excessive. Les athlètes présentant des problèmes de sommeil persistants, de la fatigue ou une baisse de performance devraient se demander si leur entraînement, leur récupération et leur stress nécessitent d'être revus. »

L'exercice peut-il compenser le stress, une mauvaise alimentation ou le tabagisme ? Qu'en est-il de la caféine et des boissons énergisantes ?

Carl Lavie : « L'exercice et la forme physique peuvent réduire considérablement le risque cardiovasculaire, mais ils sont plus efficaces lorsqu'ils sont associés à d'autres choix sains : une bonne alimentation, l'arrêt du tabac, la gestion du stress et le contrôle de la tension artérielle et du diabète. Une consommation modérée de café est généralement compatible avec une bonne santé pour la plupart des personnes. L'inquiétude concerne les doses très élevées de caféine ou les boissons énergisantes contenant des stimulants, surtout lorsqu'elles sont combinées à un exercice intense. »

John Buckley : « L'activité physique aide de nombreux aspects de la santé en même temps, notamment la condition physique, la circulation, le métabolisme, la fonction cardiaque, le cholestérol et le bien-être mental. Mais elle ne doit pas être considérée comme un substitut au traitement des autres facteurs de risque. Un point de départ pratique consiste à créer une routine quotidienne dans laquelle vous passez plus de temps debout et en plein air. »

Y a-t-il des problèmes particuliers concernant la santé cardiovasculaire des femmes ?

Carl Lavie : « Le risque cardiovasculaire augmente après la ménopause, c'est donc un moment important pour faire le point sur la tension artérielle, le cholestérol, le risque de diabète, le mode de vie et les antécédents familiaux. Les décisions concernant le traitement hormonal doivent être individualisées avec un médecin ; il ne doit pas être instauré dans le seul but de prévenir les maladies cardiovasculaires. »

John Buckley : « Il y a encore une idée fausse selon laquelle les maladies cardiovasculaires sont principalement des maladies d'hommes. Ce n'est pas le cas. Le risque chez les femmes a tendance à augmenter plus tard, particulièrement après la ménopause, mais les maladies cardiovasculaires restent une cause majeure de maladie et de décès chez les femmes. Aider les femmes à rester actives et en forme tout au long de leur vie est bénéfique à la fois pour la qualité de vie et la santé à long terme. »

Quelle est l'utilité des montres connectées et des capteurs de fréquence cardiaque au poignet ?

Carl Lavie : « Les objets connectés peuvent être utiles pour suivre les tendances de la fréquence cardiaque au repos, de la charge d'entraînement et de la récupération. Une augmentation prolongée de la fréquence cardiaque au repos, ou une baisse de la variabilité de la fréquence cardiaque, peut suggérer qu'une personne a besoin de plus de récupération ou d'un entraînement moins intense. Mais ces mesures doivent être interprétées dans leur contexte, plutôt que d'être traitées comme un diagnostic. »

John Buckley : « Les algorithmes des montres connectées sont utiles mais pas parfaits. Les estimations de la condition physique et de l'intensité de l'exercice peuvent être inexactes pour certaines personnes. Toute personne recherchant des conseils plus précis sur l'exercice devrait consulter un physiologiste de l'exercice, un scientifique du sport ou — si elle a un problème médical — un spécialiste de la médecine du sport et de l'exercice. »

Les bonnes chaussures peuvent-elles indirectement protéger le cœur lors d'efforts prolongés ?

Carl Lavie : « Des chaussures appropriées peuvent réduire le risque de blessures de surmenage, telles que les périostites tibiales et les fractures de fatigue, aidant ainsi les personnes à s'entraîner avec régularité. »

John Buckley : « Des chaussures confortables sont importantes, mais la relation n'est pas simple. Des chaussures très amortissantes peuvent parfois réduire l'efficacité de la course, tandis que les chaussures de performance peuvent privilégier l'efficacité au confort. Pour la plupart des gens, la clé est de choisir des chaussures confortables, adaptées à l'activité et qui permettent une pratique régulière sans se blesser. »

Quel est le signe le plus simple indiquant que quelqu'un s'entraîne peut-être trop intensément ?

Carl Lavie : « Prêtez attention à votre fréquence cardiaque au repos, à votre niveau d'énergie et à votre fatigue. Une augmentation persistante de la fréquence cardiaque au repos, une fatigue inhabituelle, un mauvais sommeil ou une perte d'enthousiasme pour l'exercice peuvent être des signes que vous avez besoin de plus de récupération. »

Quel est votre message unique pour les lecteurs de Decathlon à l'occasion de la Journée mondiale du cœur ?

  • Carl Lavie : « L'inactivité physique et la position assise prolongée sont des menaces majeures pour la santé. Mettez-vous en forme, restez en forme et intégrez le mouvement dans votre vie quotidienne. »
  • John Buckley : « Si un trajet fait moins d'environ 1,5 kilomètre, faites-le à pied si vous le pouvez. Prenez les escaliers quand c'est possible. De petits choix, répétés chaque jour, font une réelle différence. »
  • Pablo Perel : « La Journée mondiale du cœur nous rappelle que la prévention commence par des actions quotidiennes telles que bouger plus, rester moins assis, bien manger et ne pas fumer — mais ces choix doivent être possibles pour tout le monde. La santé cardiovasculaire est une responsabilité partagée : les individus, les communautés, les employeurs, les professionnels de la santé et les gouvernements ont tous un rôle à jouer pour rendre possible une vie plus saine. »
Pour d'autres conseils fondés sur des preuves, visitez la section Q&A sur l'activité physique (Physical Activity Q&A) de la Fédération mondiale du cœur.